- Publié par Ankinoo

Les maisons traditionnelles malgaches : un patrimoine culturel varié et captivant

La beauté d’un pays est tributaire de la vue du paysage, du mode de vie de sa population, du style architectural de l’habitat et de ses grands édifices. A Madagascar, en dépit du développement de l’architecture urbaine et des influences occidentales, les maisons traditionnelles demeurent un bien ancestral qui définit un des fondements de notre identité culturelle. Pour ce premier article, nous vous emmènerons à la découverte du charme de quelques maisons traditionnelles dans la région des Hautes Terres et d’autres zones dans l’ile.

A l’origine, les anciens maisons traditionnelles malgaches appelés « trano kontona » ou « trano gasy » ont été construits en bois afin de préserver la croyance et tradition locale qui stipulent que les vivants passent par les portes de bois et les morts passent par les portes de pierres. Ce qui implique le fait que le bois était le principal matériau de construction des maisons traditionnelles malgaches tandis que la pierre est seulement utilisée pour bâtir un tombeau. Ces maisons se localisaient dans la région des Hautes Terres Centrales, celle de l’ethnie Merina durant la période des royaumes ou les rois et d’autres nobles originaires de la caste haute ont vécu. De forme rectangulaire, elles ne comprennent qu’une seule pièce qui servait à tout usage, une porte et une fenêtre en bois avec une toiture formant un angle aigu.

A l’arrivé des missionnaires étrangers dans la seconde moitié du XIVème siècle, la population locale dans la capitale a adopté de nouveaux styles architecturaux appelés « les maisons en durs» par le biais de l’architecte Jean Laborde et James Cameroun, des menuisiers anglais et français. Un nouveau modèle de maison, constitué d’un étage à deux niveaux, dont les murs ont été confectionnés avec de la terre crue, mélangée avec de la bouse de vaches et de la paille découpée en morceaux, accompagnés d’une toiture à double pente ont ainsi marqué la révolution architecturale de l’ile. Ayant reçu beaucoup de reconnaissances et de succès, ce modèle a été ensuite reproduit en centaines d’exemplaires dans tous les environs de la région d’Analamanga, en particulier, dans les zones rurales et tous les villages situés au bord des routes nationaux comme le village de Behenjy, Ambalavao,…

En même temps, dans la capitale, la Reine Ranavalona II autorisa également la construction des maisons en pierres afin de résoudre le problème de désertification de la ville suite aux abattages successifs des arbres pour la construction du « Rovan’i Manjakamiadana . Elle s’est chargée en premier de la réhabilitation du Palais de la Reine et de la fondation de quelques édifices culturels situés à proximité de la ville. Petit à petit, de nombreux Tananariviens ont imité ce style de maison en briquettes de couleur rouge ocre, couverte de toit en tuiles avec une véranda qui façonnerait plus tard la totalité du paysage de la Ville Haute.

N’ayant pas connu beaucoup d’influences étrangers, l’architecture dans les zones côtières s’avère unique en son genre grâce à la créativité de la population locale.

Ces derniers ont conçu des styles d’abris végétaux afin de valoriser la biodiversité des régions distincts et d’adopter un modèle compatible à la nature du sol et le facteur climatique du lieu choisi. Prenons le cas des « cases en falafa », dans la partie Est de l’île où les matières utilisées proviennent toutes du Ravinala, un arbre prépondérant dans la région. Les murs sont constitués de feuilles tissées entre elles appelés « raty », la toiture élaborée avec de grandes feuilles séchées « falafa » et un tronc de l’arbre ou « rapaka » sert de plancher. Notons que ces maisons sont généralement construites sur pilotis afin de prévenir le risque d’inondation à cause de la pluviosité abondante dans cette partie de l’ile. On peut aussi citer la maison de raphia, dans la région du Nord de Madagascar et le « trano vondro » dans la partie Sud-Ouest de l’ile. Cette singularité en terme d’architecture dans les régions orientales de Madagascar fait de ces localités des destinations touristiques uniques.

Pour finir, l’architecture de Madagascar est très variée en fonction de la nature de l’environnement et l’histoire des régions. Les maisons traditionnelles restent toujours aussi prisées du fait qu’ils nous permettent de préserver les mémoires de chaque localité et de renforcer nos liens à nos origines. J’espère que cet article vous a plu, partagez-le !

– Onja, Bloggueuse chez Ankinoo

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