- Publié par Ankinoo

Un édifice historique : le Rova de Tsinjoarivo

Tsinjoarivo, une petite ville essentiellement rurale, située au abord du massif d’Ankaratra, a particulièrement attiré notre attention. Se trouvant à 38 km du Sud-Est d’Ambatolampy, au Sud d’Antananarivo, l’équipe d’ANKINOO s’est intéressée à elle, grâce à la présence d’une édifice dans ce village, connue sous le nom de  » Rova SARONDRAVINA  » ou Rova de Tsinjoarivo. Obnubillée par cette demeure royale, on s’est posée la question : d’où vient l’idée d’y construire un Rova ? De ce fait, on a établi une approche dans laquelle deux grandes parties vont être abordées. On va expliquer tout d’abord : comment était Tsinjoarivo jadis. Puis on va voir comment elle est de nos jours.

 

Autrefois, Tsinjoarivo s’appellait ANDANGALISA. C’était un endroit inhabité, couvert de forêt naturelle, qui abritait des animaux tels que les « Fosa » et les « Sifaka » qui sont des espèces endémiques de Madagascar. Un seigneur d’Andramasina propose à la reine RANAVALONA I d’y construire une demeure pour en faire une résidence de repos. 60 hommes ont été choisis pour aménager le lieu. Le Rova a été construit en 1834, dont la besogne a été faite par des habitants de Vakinakaratra. Il est composé de cinq batiments dont le plus beau, dit Tranoahasivy a été attribué comme bâtiment royal, et celui se trouvant dans l’aile droite de la porte principale destiné au premier ministre de l’époque. Faisant 5 mètres de hauteur – dont 50 mètres de long et 30 mètres de large – il est sécurisée par une clôture en brique. Pour accéder à l’enceinte, on doit passer par la porte principale Nord-Est. La reine avait l’habitude d’emprunter une autre porte au Sud-Ouest pour sortir des lieux. Le bruit des eaux du cascade empêche le lieu de succomber au silence. En effet, on y trouve plusieurs sites dont une route conduit à la fameuse cascade Andriamamovoka qui se trouve à 400km à l’Est. Près de là se trouve la cascade d’Ambavaloza, où se jète la rivière d’Onive, comprise entre deux roches en forme de gueule de fauve, d’où son nom. D’après l’histoire, Ranavalona I assistait à un jeu auquel elle se plaisait beaucoup. On y amenait une vache volavita qu’on précipitait dans la cascade d’Andriamamovoka. L’animal glissait, puis il était englouti dans le torrent du cascade en poussant un beuglement énorme. Cette scène est suivie de cri de joie ainsi que des applaudissements venant de la reine et des spectateurs. La légende stipule aussi qu’on y jetait des prisonniers dont la sentence dépasse les quatre ans. L’histoire raconte que Ranavalona I’organisait en temps de fêtes où elle faisait danser les garçons de plus de 18 ans pour voir leurs forces et leurs muscles, puis elle choisissait trois d’entre eux pour passer la nuit avec elle dans la chambre royale. Puis au petit matin, elle envoyait ses gardes pour faire jeter les malheureux au bord de l’Onive.

On connait maintenant le Rova de Tsinjoarivo durant son ancien temps, la raison pour laquelle on l’a construit, ainsi que les sites qui s’y trouvent. Notons tout d’abord que la reine Ranavalona I se rendit à Tsinjoarivo trois fois durant sa vie, la reine Ranavalona II une seule fois pour un séjour de convalescence vers la fin de 1882 et Ranavalona III deux fois en Août 1889 et en Octobre 1890. Poursuivons maintenant notre périple afin de connaitre Tsinjoarivo de nos jours.

Actuellement, on compte 27 musées à Madagascar. Tsinjoarivo en fait partie. La présence du Rova accroît la visite des touristes dans la région du fait que le lieu est devenu une résèrve culturelle. Comme le lieu s’éloigne de la ville, on y trouve un milieu naturel non pollué ainsi qu’une faune et une flore très diversifiée. À chaque passage dans la région de Vakinakaratra, les gens ne manquent pas de faire une visite de cette ancienne résidence où l’on peut encore voir de nos jours des matériaux utilisés durant cette époque, tels que : les  » Toko sikidy  » utilisés autrefois par une sorte de gourou, des mortiers et des pillons en bois, un bâton sculpté orné d’un motif de serpent, des pièges à rats fait en bois… Aujourd’hui, l’Onive est devenu un lieu d’orpaillage, et les touristes y vont pour faire une descente en pirogue qui peut transporter un à trois passagers. La population est encore très traditionnelle, vivant essentiellement de la production de riz, de manioc, de maïs, ainsi que d’élèvage de bovins et de porcins. Malheureusement, la route qui loge le village est très délabrée. On manque encore d’équipement pour aménager le territoire, et la pratique du culture-sur-brûlis est fréquente.

 

Grâce à ce récit, j’espère que vous avez eu une petite idée concernant le Rova de Tsinjoarivo ou Sarondravina. Ce village présente vraiment un millieu géographique très spécifique, très prometteur pour un développement durable. Il contribue à l’épanouissement du tourisme. Composé de population très conviviale, les gens qui y habitent seront toujours là pour vous prêter main forte en cas de besoin. Cet article vous a plu ? Voulez-vous voyager encore plus au fin fond du pays avec nous ? Je vous invite à nous suivre sur les réseaux sociaux tels que : facebook, Instagram et Linkedin. N’hésitez surtout pas à le partager afin que vos proches puissent bénéficier à leur tour de cette évasion intellectuelle.

– Sitraka, Bloggueuse chez Ankinoo

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